De NTM à ROC : l’odyssée de Reak

Il est des histoires qu’on connaît sans vraiment connaitre. Il est des groupes qui accouchent de leurs stars mais aussi de leurs oubliés. Il y a ceux sur qui la lumière reste et les autres, ceux qu’elle éclaire moins, ceux que l’on voit moins mais qui ont pourtant tout vu (ou presque).

À l’heure où Kool Shen et Joey Starr s’apprêtent à célébrer leur retour sur scène à Bercy en mars 2018, sans avoir eu besoin de produire un disque, un ancien membre du Suprême vient, lui, tout juste de sortir le sien. « Ancien membre du Suprême»… Résumer ses plus de 30 ans dans le hip-hop à cette étiquette ne lui plairait pas. Reak, c’est la passion pour la danse, les battles, c’est le 93 MC, l’un des plus grands collectifs de graffeurs de l’époque, c’est des dizaines de dates de concert en tant que danseur puis rappeur avec le Suprême NTM, c’est trois apparitions sur l’un des disques les plus vendus de l’histoire du rap français, c’est deux albums et une mixtape avec les Psykopat, aujourd’hui c’est le EP « ROC » mais surtout, Reak, c’est une putain de phrase de cinq lignes dans mon intro.

« Quand j’étais jeune, on était en bas dans la rue juste là, dans la boîte le Chapelet, rue du Chapelet, les balcons comme ça on les regardait d’en bas » nous sort-il en arrivant sur le balcon d’un sixième étage, pas très loin de place Clichy où nous l’avons rencontré. Un peu nostalgique donc mais celui qui vient de sortir son premier EP en solo n’en est pas pour autant passéiste. En 2017, c’est bien pour apporter sa touche au présent qu’il est de retour avec un projet solide (normal pour un roc), produit par Odweeyne et pour nous démontrer que les anciens peuvent aussi revenir forts. Aujourd’hui, l’ex binôme d’Animalxxx dans les Psykopat semble libéré, il n’attend plus grand chose du rap qui ne l’attend plus non plus. Sans la peur de l’échec et sans la pression qui l’accompagne, Reak redémarre. Voici une partie de son histoire pour lui rendre un peu de lumière.


Portraits: Paul Mesnager

Photos d’archive fournies par Reak.


Du 93 MC au 93 NTM : aux origines du hip-hop

Je suis né à Saint-Denis en 1972, je suis d’origine espagnole et martiniquaise.

Je devais être en sixième quand je regardais l’émission H.I.P. H.OP. et quand j’écoutais les Fat Boys, Michael Jackson, en 83, 84. Tout ça m’a donné envie de danser, c’est par la danse que j’ai commencé, dans la cité. La première fois que j’ai vu un mec smurfer, j’étais en 6ème et lui devait être en 3ème.

Les premières danses que j’ai pratiquées c’est le Pee Wee et le Up Rock qui est une danse de combat. Tu mîmes des attaques par la danse. C’est sans contact, tout réside dans les gestes, dans les mouvements, c’est ça qui tue. C’est une danse que je kiffe encore, elle est mortelle.

Pour le tag, au départ je suivais Kea, on faisait des allers et retours entre la Courtille et les Francs Moisins à Saint-Denis, je ne sais plus pour quelle raison. Lui taguait et moi je galérais, j’essayais de faire comme lui. Au début je taguais un sale blaze, le premier c’est jamais le bon. J’ecrivais Snyr, rien que le nom… (sourire). L’enchaînement du S et du N était bien. En fait il y avait un des mecs des Francs Moisins qui s’appelait Snek et j’aimais bien cet enchainement. Par la suite le nom je l’ai trouvé pété et justement je me suis inspiré de mon pote Kea en lui disant que j’aimerais bien avoir un e et un a qui se suivent comme lui. C’est là que j’ai pris Reak comme pseudo.


« Lazer a trouvé le nom du crew, c’est le premier qui a mis le département en avant comme ça »


Finalement on a formé le 93 MC comme 93 Mafia Crew, 93 Mes Couilles, j’avais 15 ou 16 ans Les premiers membres sont Kea, Fame (RIP), Kast, Arys, Acide, Shaka, Swen, Keys, Mam, Lazer, et moi. La vraie identité c’était ça. On était tous de Saint-Denis et la plupart dans la même partie de Saint-Denis, la Courtille et deux ou trois cités alentours. On était une bande de potes avant tout. Lazer a trouvé le nom du crew, c’est le premier qui a mis le département en avant comme ça. Personne ne se démarquait par le département, c’est lui qui a ouvert la brèche là-dessus. Lazer, ce n’est pas Alex, le Laser des Psykopat d’ailleurs (Animalxxx alias Alex alias Laser alias MR3, binôme de Reak dans les Psykopat, ndlr). Il y a Lazer avec Z et laser avec le S. C’est comme ça qu’on a entendu parler de l’autre Laser. Laser des Psyko, il habitait à côté et un jour ils s’étaient rencontrés entre Las-Zer pour s’expliquer sur leur nom commun (sourire). Moi Alex, je l’ai connu en boîte à La Main Jaune, il avait du talent dans la danse et une coupe de cheveux particulière. À l’époque le microcosme du hip-hop était vachement plus petit et tout le monde se connaissait. On était 200 pèlerins, il y avait une poignée d’endroits, notamment La Main Jaune où tout le monde se croisait.

93 MC, c’était exclusivement un crew de graffeur, j’étais le seul à danser parmi tous ces gens. L’objectif c’était de cartonner tout Paris : la rue, les métros, la ligne 13 notamment. Cette ligne on se la partageait avec les Dcm C’ un autre crew composé de Yoe, Baul, Shuck et Spank. Spank c’est Dj Spank de BOSS part la suite. Notre but c’était d’être les plus forts .

Dans les autres crews dont on entendait parler, il y avait les NTM. C’était un crew fort et on voulait être plus forts qu’eux aussi. Ils étaient le résultat d’une alliance entre les TCG et les DRC. Ca faisait du monde, il y avait notamment Shen, Joey Starr, Squat (Rockin Squat leader par la suite du groupe Assassin, ndlr), Mode 2 et Colter. Seuls Shen et Joey étaient du 93, les autres étaient tous de Paris. À force, Shen (Kool Shen, ndlr) entend parler de nous, il rencontre Kea et propose de faire 93 NTM. C’est là qu’une alliance se crée. Eux étaient plus vieux que nous et ils étaient un peu sur le déclin, donc on leur a redonné un peu de force finalement. On a fait une descente à place de Clichy pour célébrer le truc… D’ailleurs c’est Colter qui, aujourd’hui, s’est occupé du logo de mon projet. C’est lui qui avait trouvé le nom de NTM. Il va sortir un bouquin bientôt sur son histoire. Il fait partie de DRC, de CTK et du TCA aussi avec anciennement Boxer (RIP) et compagnie. Souvent les mecs faisaient partie de plusieurs équipes comme ça.

Dans le désordre : Reak avec Acide, Arys, Mode 2, Kast, Kea, Swen, Keys, Mam etc… [D.R.]

Dans le désordre : Reak, Kea, Squat, Joey Starr, Kool Shen, Keys, Arys, Chino, Dar, Boa… [D.R.]


« Les premiers MC’s, on ne les calculait pas vraiment. Les premiers à avoir été pris au sérieux sont ceux de la génération « Rapattitude » »


 

Il y a une grosse période tag sur Paris à la fin des années 80. Quand l’émission H.I.P. H.O.P. de Sidney s’est arrêtée sur TF1 en 1984, il restait les danseurs et les tagueurs. Ensuite le rap a commencé à arriver mais il était très minime par rapport aux deux autres disciplines. Les premiers MC’s, on ne les calculait pas vraiment. Les premiers à avoir été pris au sérieux sont ceux de la génération Rapattitude en fait.

Donc il y a un moment où tout ça s’est mis à changer. On est rentré dans une période de transition où il y avait déjà moins de tag. C’est dans ces temps là que des gens comme Shen, Joey et Squat se mettent à rapper, je ne sais pas dans quel ordre d’ailleurs, je n’étais pas dans les petits papiers (sourire). Nous on continuait, on mettait le blaze NTM partout donc c’était un peu la premières heures de la street-promo, ça a bien contribué à faire connaitre le truc. L’émission Deenastyle avec Dee Nasty et Lionel D a été très importante aussi. Lionel D n’était pas « The » rappeur, mais quand j’écoutais leur émission le dimanche soir, je dansais dans ma cuisine. J’aurais pas eu ma culture musicale sans cette émission.

À cette époque tous ceux qui se mettaient à rapper ont commencé par la danse et le tag puis se sont mis au rap. Dans chaque discipline, le but c’était d’être le meilleur, de défier.

Reak et Sear à la fin des années 80 : [D.R.]

« Sear c’est un mec de Saint Denis, un pote d’enfance. Plus tard il a créé le magazine Get Busy. Pour moi c’est resté un très bon ami aujourd’hui ».


Danseur puis rappeur dans  NTM

On s’est mis à suivre Joey et Shen partout. C’est pas comme aujourd’hui, nous à l’époque on n’a pas vu venir le truc et eux non plus. Ils rappent, ok, nous on est là, on les supporte quand ils vont à la radio, quand il y a un concert. Finalement ils ont décidé de prendre des danseurs :  Scott, Lady V, paix à son âme, Tony, Michou, Hady, Laser et moi. C’est là qu’on intègre le Suprême, vers 89, 90. Au bout d’un moment il ne restait plus que Lady V, Laser et moi. Forcément ça nous faisait traîner ensemble plus souvent donc ça crée des liens.

Tony, Boa, Shaka et Reak. [D.R.]

Dans le groupe, il y avait aussi DJ S aux platines et Yazid, un ami d’enfance de Kool Shen et Joey Starr qui était là en tant que choriste avec Kast. On est tous partie intégrante du groupe. La toute première scène qui a scellé le groupe, c’était à Porte de la Villette au Cirque Fratellini. À l’affiche, il y avait Assassin, EJM, les Little MC, New Generation MC, NTM et Clan Mcs avec M.Widi, des gens de Saint-Denis. Je sais plus exactement en quelle année c’était, à la toute fin des années 80 certainement. Joey et Shen étaient déjà montés sur scène peu de temps avant pour un festival à l’Élysée Montmartre mais Fratellini c’était vraiment notre première tous ensemble.

Dans les débuts, on a joué plusieurs fois avec IAM, finalement il n’y avait pas beaucoup de groupes qui tournaient à cette époque donc à part eux on ne croisait pas grand monde. Le première fois qu’on a partagé l’affiche avec eux, c’était au Palais des Sport de Saint-Denis en 1990, ça s’était bien passé. C’est lors de la deuxième, en 1991, que c’est parti en couille dans la salle. C’était pendant la tournée Banlieue Bleue, place du 8 mai à Saint-Denis. Ça s’est embrouillé et il y a un videur qui s’est bien brûlé. Pour cette tournée on avait fait plein de villes du 93 et on était sur toutes les dates avec IAM. On avait aussi joué chez eux à Marseille plus tard et des mecs avaient sorti un extincteur. Mais finalement il n’y avait rien de méchant, il n’ y avait pas vraiment d’embrouille entre IAM et NTM, les médias ont fait monter ça.

IAM et NTM lors de leur concert au palais des sports de Saint Denis.

On a fait énormément de dates dans toute la France, à la Réunion, en Belgique, en Suisse. C’était juste un kiff. On kiffe c’est tout, on ne se pose pas de question. Je pense qu’on était moins calculateurs, on avait moins ce plan de carrière que les générations d’après. On a commencé à tourner en camion Louez Valem, on allait à Marseille là dedans, on n’avait pas encore les cars deux étages avec télé, etc… Ça on a connu mais beaucoup plus tard. Je pense que les jeunes qui démarrent aujourd’hui sont beaucoup plus vite à ce stade.

Ci-dessus et ci-dessous, les Psykopat et Lady V dansent derrière Joey Starr et Kool Shen pendant le live (Émissions « Mille Bravo » et « Mon Zénith à moi » en 1990)

En 1992, je commence à rapper, pendant la tournée « Authentik ». On répète, tu rigoles, tu prends le micro, tu fais leur morceau, tu te moques d’eux, tu fais des remix et tu te prends au jeu jusqu’au jour où t’écris deux, trois rimes complètement pétées sur un bout de table.

On avait commencé à rapper un peu sur scène avant l’album « Paris sous les bombes ». On avait fait une télé je ne sais plus où. On a fait Le Cercle de Minuit aussi en 93 avec Michel Field. Dés que t’as un texte pourri, tu le mets de côté, il y avait un morceau en freestyle sur scène, il devait manquer quelqu’un à caser dessus et j’ai placé huit mesures. Déjà vers 93, 94, on danse moins avec Alex parce qu’on faisait les backs. C’était à tour de rôle en fait, on avait chacun nos morceaux. Moi je faisais beaucoup les backs sur le morceau Pour un nouveau massacre.

Reak, Joey Starr et Chino sur le tournage du clip Authentik visible ici [D.R.]

Reak en train de backer Joey et Shen en 1994 à Paris


On ne m’a pas entendu sur disque avant le troisième album. Alex était déjà présent sur les deux premiers albums avec Yazid. Moi pour les deux premiers, j’étais souvent absent, souvent en voyage à New York. Je kiffais aller là bas pour danser, défier des mecs. Je voulais à la fois les cartonner mais aussi voir comment ils dansaient. C’est comme aller en Thaïlande pour la boxe, c’est la Mecque de la danse. Ils ont une approche différente de la notre. C’est comme un pèlerinage. C’est pas qu’ils sont en avance mais ils avaient leur propre truc quoi. NY ça reste ma plus grande influence pour toutes les disciplines. La grande place du hip-hop c’était NY à l’époque, ils avaient un flow super typique. Avec NTM, on avait fait un concert là bas en 1991. C’était au Palladium pour le New Music Seminar. C’était un gros truc où il y avait plein d’artiste Def Jam de l’époque. Mais on n’était pas populaires là-bas, je ne sais même pas s’ ils nous ont captés.

 


« Je pose un couplet sur Pass pass le oinj alors que je ne fume pas »



« Paris sous les bombes »
, le troisième album, je ne savais même pas que c’était le premier de NTM à être disque de platine, tu me l’apprends. Il faut savoir que nous on n’était pas du tout dans l’organisation du groupe, la signature chez Epic, c’était eux seuls, pas nous. Donc tout ce qui concerne la gestion du groupe on n’était pas vraiment concernés et les retours, on ne les avait pas vraiment.

Pour cet album, je me souviens que c’était  l’hiver, on était tout le temps en studio avec eux. On a pas mal participé à certains morceaux même en dehors de ceux où on apparait. Quelque part, on les aidait au niveau du flow. Est-ce que Kool Shen s’est inspiré du flow d’Animalxxx comme ça a pu se dire ? Forcément un peu, ils étaient vachement proches et c’est vrai qu’Alex avait une certaine fraicheur. Ca se fait naturellement.

Pour Pass Pass le oinj, ils avaient leur morceau et on est venus se greffer. Alex avait déjà posé un couplet de fou en espagnol donc j’avais un peu la pression, il avait un putain de swag. Il était très fort. Moi j’ai essayé de faire le meilleur de ce que je pouvais sur ce morceau. C’était vraiment mon premier truc enregistré. Je pose un couplet sur Pass pass le oinj alors que je ne fume pas (sourire), je le dis plus ou moins dans le couplet d’ailleurs.

Ensuite on a enchaîné, ils nous ont demandé de poser en freestyle sur le titre Popopop, chacun a écrit de son côté puis on est arrivés et on a posé. Dans ce morceau on répondait plus ou moins au morceau Reste Underground d’IAM qu’on avait pris pour nous à l’époque, donc il y avait quand même des petites piques entre eux et nous mais ça n’allait pas très loin.

À l’époque NTM c’était vachement plus hermétique que ça ne l’a été plus tard, ils n’invitaient pas trop de gens donc c’était la famille. Ils se disaient : « On a un danseur qui rappe aussi bien qu’il danse donc on va le prendre ». Au moment du troisième album Yazid a quitté le truc, il était plus ou moins en froid avec eux. Je sais pas trop ce qu’il est devenu aujourd’hui, je crois qu’il faisait des films à un moment. DJ S aussi était parti peu de temps après le deuxième album à cause de différents avec le groupe. Il a été remplacé par DJ Clyde.

La tournée s’enchaine, dans les cars deux étages cette fois (sourire). Même avant l’album, ça faisait un moment que le confort s’était amélioré. On faisait partie du package vendu par NTM pour les concerts, on a fait toutes les dates. C’était une bonne ambiance, une colonie de vacances. C’était festif, on était tous jeunes, ça rigolait. On sentait quand même qu’il y avait un gros engouement autour du groupe, notamment sur scène mais en même temps quand t’es dedans tu fais pas vraiment attention, t’as la tête dans le guidon. Moi je ne sortais pas trop en plus et je n’étais pas souvent sur Paris avec mes voyages. La polémique sur le morceau Police au Concert de Libertés, même si j’étais présent, je n’en ai aucun souvenir, comme je l’ai dit nous on était pas trop concernés par tous les à côtés.

On a fait les deux dates au Bataclan et on s’est arrêtés. Il n’y a pas de meilleur souvenir, ce n’est que des bons souvenirs. On est partis parce qu’on voulait faire notre truc, pas à cause d’embrouilles avec Joey et Shen. À ce moment là tout va bien. Plus tard il y a eu des embrouilles sur des non dits on va dire.

Les Psykopat tentent leur chance

On a mis du temps à le préparer parce qu’on a maquetté, on a cherché, on a travaillé. C’est Alex qui a trouvé le nom Psykopat, c’était au moment où on commençait à bosser l’album pendant la tournée avec NTM. C’est une époque où tous les trucs étaient un peu Psycho et le nom claquait aussi phonétiquement, notamment dans le rap ricain. Il y avait un morceau de Lords of the Underground ou ça fait « Psycho, Psycho, Psycho…« . Après quand t’as le nom, tu vas acquérir l’énergie qui correspond. La base c’est le nom.

On avait déjà des bouts de maquettes qui dataient de l’époque tournée, produit par DJ S qui finalement a produit 4 ou 5 morceaux sur l’album. Mais ça mettait du temps, il y a une différence entre faire des couplets de 8 mesures un peu freestyle et faire des longs couplets pour des vrais morceaux. Puis au début on avait des trucs à faire à côté, on était encore en tournée. Après la tournée il a fallu enregistrer l’album et chercher un deal qu’on a finalement trouvé chez Delabel après avoir démarché. C’est via une rencontre avec Laurence Touitou qu’on signe chez eux. À l’époque ils avaient signé IAM et Alliance Ethnique notamment. Je sais plus trop quand mais à un moment donné on voulait que Sear soit notre manager et je crois qu’il n’a pas voulu parce qu’on avait des caractères trop différents. C’est un mec de Saint Denis, un pote d’enfance. Plus tard il a crée le magazine Get Busy. Pour moi c’est resté un très bon ami aujourd’hui

Photo : Paul Mesnager

L’album sort en 1998. On voulait envahir le rap d’où le titre L’invasion. On avait un petit nom à l’époque, il y avait du monde qui arrivait comme la Fonky Family, La Cliqua et plein d’autres. On était dans le tas en fait.

On était très proches Alex et moi et ça voyait sur les sons. On se connaissait depuis très longtemps, on se cotoyait énormément depuis pas mal d’années.


« Skyrock n’a jamais accroché à notre musique, c’était réciproque »


Bad Tripeuzzz, c’était un bon morceau de présentation, il nous représentait bien. C’est Lord Mac qui faisait la prod. Il était en playlist sur Skyrock certes mais cette radio n’a pas vraiment joué le jeu, ils nous ont pas trop suivi. Et après ça a déclenché une petite guerre puis c’était fini quoi. Ils n’ont jamais accroché à notre musique, c’était réciproque. Le clip a bien tourné en télé, c’est plus grâce à ça qu’on a eu des retours.

En dehors de Bad Tripeuzzz les morceaux que je retiens de cet album sont Si seulement, SDF, Politik Street, Psycho 2Pour Politik Street,  il y a le remix peu de temps après l’album avec Yazid et Ekoué. On avait rencontré Ekoué par Yazid qui trainait avec, on a accroché, on est devenus potes et on l’a contacté pour ce remix. Les collaborations pour nous ça marche aux affinités et pas à autre chose. On ne fonctionne pas au nombre de vues, aux ventes, au buzz. Nous on marche au featuring relationnel, je fais un feat avec toi parce que je t’aime bien, ce sont des feats humains. Avec Ekoué on était des potes, on pouvait traîner ensemble en boîte. C’est pour ça qu’on a pas fait beaucoup de featuring parce que dans le rap français on ne connait personne à part trois ou quatre personnes.

Le disque s’est vendu 20 000 ou 30 000 exemplaire je dirais, pas assez pour que Delabel nous signe sur un autre album apparemment. On a fait quand même pas mal de dates avec Doze aux platines.


« On a vite été mis de côté, peut être parce qu’on n’ était pas très ouverts »


Animalxxx dit que l’album est sorti un an trop tard. Avec le recul, je ne sais pas, il est sorti au moment où il devait sortir, on ne contrôle pas tout. Les gens disent souvent qu’on n’a pas eu le succès qu’on aurait mérité. Je pense qu’on a vite été mis de côté, peut être parce qu’on n’était pas très ouverts et il y avait comme un consortium de rap français. J’ai l’impression que des gens voulaient garder le truc entre eux. Puis nous, on était un peu des êtres à part. On s’est habitués à ça, ça ne nous a pas vraiment empêchés de vivre. Ce me remet 20 ans en arrière. C’est bizarre de parler de tout ça. En 2018 ça fera 20 ans. Pourquoi ne pas faire un concert pour fêter ça mais ça fait un an que je n’ai pas eu de nouvelles d’Alex aujourd’hui. On verra comment les choses se font.

Avant le deuxième album, six ans s’écoulent, je m’en étais même pas rendu compte (sourire). On est des spécialistes. Mais entre temps on a quand même fait des trucs, on a sorti le morceau Raziel pour la BO de Soul River, on a sorti Bad Tripeuzzz 2, qui même s’il est présent sur le deuxième album, est sorti avant. On écrivait mais on n’était plus en contrat avec aucune maison de disque et il n’a jamais été question non plus de rejoindre les labels BOSS ou 4mypeople. Ça ne nous tentait pas vraiment et ça faisait déjà un moment qu’on était partis.

Le deuxième album « Qu’est ce qu’y a ? » est passé inaperçu pour beaucoup de monde je crois. On a toujours eu un gros problème de communication (sourire). Il est plus clair que « L’ Invasion » qui était super sombre. Pour celui-ci, on nous a dit qu’on avait été trop en avance, je pense que c’est la touche électro qui faisait dire ça aux gens. On avait quand même du beau monde sur les prod, des gens comme DB, Razi, Drixxxé, D-Dicaces, Madizm et Sec. Undo. On l’avait sorti chez Next Music, label qui a coulé peu de temps après.

Il y a un troisième album qui n’est jamais sorti aussi, c’était encore autre chose. C’était un double album. Il y avait un morceau avec Kool Shen et Joey, un morceau avec Salif et Nisay. C’était que de l’inédit. En fait Nisay, on travaillait dans le même studio qu’eux, le studio Planète Sun.

De ce double album, il y a juste le morceau Qui ? avec Soprano qui est sorti sur « Antolopsy » et sur internet. On peut croire que dans le projet que je viens de sortir, il y a une pique pour lui d’ailleurs mais ce n’en est pas vraiment une. C’est un truc gentil (sourire). Pour ce morceau c’est moi qui avait fait la prod. On galérait même à avoir des prods donc j’en ai fait 4 pour cet album (sourire). À la base je voulais Akhenaton comme invité. On avait été en contact avec l’équipe d’AKH auparavant, ils nous avaient envoyé des prod pour un projet mais on n’avait pas accroché. Finalement, c’est mon pote Angelo de IZB qui m’a conseillé d’inviter Soprano. Il est venu en studio et ça s’est bien passé. C’est Alex qui avait trouvé le thème, nous on avait déjà écrit nos parties puis lui il s’est mis dans un coin et il a écrit direct.

C’était bien avant qu’il pète et c’était pas du tout la musique qu’il fait maintenant. Ce morceau là c’est le seul qui était mixé et masterisé. Il a quand même bien tourné, il était diffusé dans le Couvre Feu sur Sky, il est resté un moment numéro 1 dans Hit Trace. C’est d’ailleurs ce morceau avec Soprano qui annonçait l’album, c’était prévu, c’était écrit.

 


« Ça fait mal de pas avoir sorti ce projet parce qu’on savait qu’on avait de l’or en barre »


Toutes les autres pistes sont dans mon téléphone, personne ne les a. En fait on avait enchaîné direct après le deuxième album, il était prêt en 2005, 2006. Il s’appelait « Vivre en enfer ou mourir au combat ».

On n’a pas trouvé de maison de disque, on n’a pas bien cherché, ça nous a saoulés, ça a crée des tensions. Justement l’année dernière on voulait le mettre sur internet mais je ne sais pas… C’est vieux quand même.

Ça fait mal de ne pas avoir sorti ce projet parce qu’on savait qu’on avait de l’or en barre. C’était un bon album. Après cet échec, les relations se sont coupées à la fois avec les NTM mais aussi plus ou moins avec Alex. On n’en avait tous un peu ras le bol. On a quand même failli monter sur scène quand NTM a fait le Parc des Princes en 2007, moi j’étais à New York donc je pouvais pas et entre Alex et les autres, ça ne s’est pas bien passé je crois.

Finalement on a sorti la mixtape « Antholopsy » chez Wargame. Pour sortir une mixtape les moyens suffisaient, mais pour un album, il en aurait fallu plus.

R.O.C. : entre nostalgie et nouveau départ

Pochette réalisée par Jimmy Olivier Tirolien JTN Prod

En fait mon premier morceau solo, c’est mes 4 vérités dans l’album « Qu’est ce qu’y a ? ». Mais le premier solo qui est sorti après la séparation c’est Colis suspect que j’ai balancé en 2007. J’ai toujours écrit un peu, des fois tu penses un truc, tu l’écris, tu le gardes, t’entasses des mots des punchlines, mais je n’écrivais pas constamment.

Pour « ROC » c’est un mec qui m’a contacté pour me dire qu’Odweeyne cherchait à me joindre. Odweeyne est un mec de Paris exilé à Toulouse que j’ai donc rencontré en 2014. Je suis un peu plus âgé que lui. C’est lui qui m’a remis dedans en fait. Moi j’écrivais pour garder la main, je bosse à côté aujourd’hui mais je ne sais pas pourquoi je n’arrivais pas à me détacher réellement… Le pera, tu lâches pas comme ça.

Au bout d’un moment quand tu continues d’écrire, t’as envie que les gens l’entendent. Finalement on a fait Fashion Week et Marc Dorcel, des morceaux qu’on a mis sur le net mais que personne n’a écoutés donc on les a remis sur l’album. Au mois de juin de l’année dernière, j’ai fait KRS, j’avais déjà Tellement d’homicides de côté, j’ai enregistré un titre en novembre, Da Vinci code et ça a continué, ça a continué jusqu’au dernier morceau, Ya air. Au bout d’un moment on en avait assez pour faire un projet.

Je viens de dire album mais c’est un 10 titres, en général je dis que c’est un EP. Je ne voulais pas revenir comme ça avec un album comme une fleur. Si je dois sacrifier des titres, je préfère les sacrifier sur un EP, ça me permet de m’installer, d’avoir un peu de presse, un peu de visibilité et d’être mieux préparé pour l’album que je suis déjà en train de préparer.

Colt ou Colter du 93 NTM dont je parlais tout à l’heure s’est greffé au projet. On a repris contact il y a un an et je lui ai demandé de faire mon logo. A la base, on avait l’idée ROC comme Reak Odweeyne Connection ou d’autres trucs, et finalement Colt était là, donc ça a donné Reak Odwyenne Colt.  En fait « R.O.C.» c’est un concept rap, deejay, graf comme à l’ancienne.

Finalement le projet est sorti sur le label d’Odweeyne, So Cracked lab et c’est distribué par Addictive.

L’ambiance c’est New York bien sûr. Pour le flow, j’ai évolué tout en gardant la base. Au fur et à mesure tu gommes des trucs, j’ai peut-être ralenti un peu. Quand tu te remets à écrire, t’essaies de ne pas faire la même chose. T’essaies de t’améliorer forcément. Moi je veux performer, que ça soit dans l’écriture ou dans le fond. J’aime la punchline mais il ne faut pas qu’il y en ait trop non plus parce que ça peut tuer le truc.

Les retours sont très bons pour le moment mais peu nombreux. Il faut laisser le temps. On va essayer de faire une petite tournée, il faut défendre le projet. On va déjà essayer de faire un petit showcase à Paris, dans un petit truc confiné qui contient quelques vingtaines  de personnes pour nous donner l’impression qu’on est complets (sourire). On avait fait notre premier showcase à La Boule Noire avec Psykopat pour la sortie de l’album donc pourquoi pas là bas ?


« Je ne pense pas qu’on fera des gros scores avec ce projet. Avec Psyko, on était peut être destinés à échouer »


Mais je ne pense pas qu’on fera des gros scores. Avec Psyko on était peut-être destinés à échouer… Partout où on allait on porte la poisse, la guigne. Dès qu’on arrive dans une maison de disque, elle s’effondre, ça part en couille (sourire). Et là encore une fois je pense pas avoir toutes les étoiles alignées. On n’a pas vraiment de retours des médias même si on a quand même quelques retours d’inconnus qui nous disent que c’est un bon disque. On verra bien pour les médias. On a tout le temps eu un mauvais œil sur nous, depuis 1998. C’est pas un échec en soit mais je finis par croire qu’on n’a pas eu la reconnaissance méritée. On n’a peut être pas eu autant de chance que d’autres artistes. Peut-être qu’on dégage quelque chose de bizarre, je ne sais pas. C’est peut être aussi parce qu’on préférait rester à part comme je te l’ai déjà dit, je fais pas de featurings, j’aime pas faire ça pour le buzz en fait.


« Dans les maisons de disque, il n’y a plus de DA, le DA c’est Youtube »


Pour en revenir aux médias c’est à eux de découvrir, de faire découvrir les trucs, c’est pas à nous de démarcher, c’est pas à l’artiste. Ils ne fouinent plus les mecs. Je n’ai jamais compris ça, par exemple si t’es DJ tu veux sortir la galette que personne n’a, tu ne vas pas attendre que ça explose et la jouer aussi, faire le follower. Les médias c’est la même chose :  « Bon il fait quoi, 300 vues, bon ça m’intéresse pas. 1 million de vues ?, allez ». 1 millions de vues, ça veut pas dire qu’il va vendre 1 million de disques et ça ne garantit pas non plus la qualité. Même dans les maisons de disque, il n’y a plus de DA, le DA c’est Youtube. Les maisons de disque ne font plus de développement d’artiste à part quelques petits labels. Je pense qu’Internet a ouvert la porte à tous les rappeurs qu’ils savent rapper ou non. T’as des mecs qui font des vues de malade mais ils ne savent pas rapper.

Au final moi je m’en fous de la starification, je veux être reconnu pour mon travail. Aujourd’hui on est reconnus mais il faudrait qu’on touche le plus de gens possible parce que s’il y a cinq pèlerins (sourire)… Après je fais le truc par passion, aujourd’hui je bosse à côté donc je me repose plus trop là-dessus. Et si je voulais faire des chiffres je n’aurais pas fait ce genre de rap. J’aurais fait de la trap. Avec le courant que j’ai choisi, je cherche les problèmes aussi. Mais je fais ce que je sais faire et ce que j’aime. Il faut que ça découpe. Pour moi le rap c’est tac tac tac tac et pas ninininini (il mime la trap, ndlr).

Scènes de rime


Dans le morceau Fashion Week : « Les rappeurs ont dans les mains des fers à repasser et plus de message à faire passer ».


Objectivement oui c’est ce que je pense. Par exemple avec la trap, les gens sont moins dans le thème, moi aussi d’ailleurs sur ce projet mais souvent, eux, ça ne dit strictement rien. Ce que j’entends en général ne me plait pas aujourd’hui, des fois je monte dans des voitures j’entends des gens comme Booba, Rohff, Kaaris, eux ça va encore, ils sont plus matures déjà.

Il y a aussi des trucs bien faits comme un Fianso par exemple qui a du talent. Mais il n’y en a pas un qui me marque franchement dans le rap aujourd’hui. En général les rîmes sont pauvres, des fois c’est juste un assemblage de mots, toujours la même chose, vendre des kilos machin. Les gens sonnent tous pareil, la musique sonne pareil, la caisse claire a le même son. Ils rappent tous pareil. Dans Tellement d’homicide je dis : « Tellement de rappeurs pour un seul flow », ils ont tous le même flow. Pour en revenir au thème, je me dis des fois qu’il se passe des trucs graves, le 13 novembre par exemple, il y a des trucs à dire, des trucs à faire. C’est des trucs qui me parlent. Attention, j’aime bien le freestyle, j’adore ça mais c’est important des fois aussi d’écrire un bon texte sur un truc de société.


Dans le morceau Ya Air : « MC, tu tétais le sein j’étais sur Soundcloud, il n’y a pas d’Assassin sans Solo sans Clyde ».

C’est juste qu’il faut rendre à César ce qui appartient à César. C’est plus Assassin en ce moment, c’est juste Rockin Squat. C’est comme quand tu dis Les Charlots alors qu’il manque Gerard Philipilli, Gerard Renaldi etc… Pour ma génération, Assassin c’est Solo, Clyde, Rockin Squat, Dr L etc…


Dans le morceau KRS : « Joey Starr a niqué le Joey Stick, depuis on a perdu la pomme ».

Ça veut dire qu’il a perdu la tête. Quand je le vois à la télé, c’est pas le Joey Starr que j’ai connu dans NTM. Je le vois comme tout le monde maintenant. Je ne le reconnais pas. Mais c’est sûrement normal, les gens changent et je ne veux pas passer pour un aigri.


« J’ai vu dans une émission de télé récemment que Kool Shen avait des nouvelles de moi régulièrement. Je ne sais pas d’où »


Sur Facebook, on me demande tout le temps si on va monter sur scène avec NTM pour leur retour à Bercy. Je ne sais pas, moi je n’ai pas de nouvelle. Pourtant j’ai vu dans une émission de télé récemment que Kool Shen en avait de moi régulièrement, je sais pas d’où (sourire). Personnellement, ça fait longtemps que j’ai pas eu de contact. On a des potes en commun, on peut savoir ce que fait l’un ce que fait l’autre mais j’ai pas de contact direct. En tout cas les gens sont focalisés sur ça mais il faut savoir qu’on a quitté NTM en 95, ça fait 22 ans (sourire).

Pour Bercy, je ne sais pas. Ça serait un grand dilemme. Je peux vieillir mais je reste la même tête de con. C’est bien pour les ventes de l’album, pour ma promotion mais est ce que j’ai vraiment envie de le faire ? Je ne me projette même pas là mais comme je te dis j’étais loin de revenir à la base donc on ne sait jamais ce qu’il peut se passer. Pour l’instant je veux juste kiffer, faire un peu kiffer les gens et défendre mon projet.

On va sortir encore deux clips, le prochain c’est Da Vinci Code et ensuite Ya Air. On va le défendre. On a éparpillé les différentes sorties aussi entre le numérique, le physique, les vinyles et même des K7.

Puis après on passera à la suite, « ROC. 2 » arrivera en 2018. Ça fait aussi un moment que je veux sortir un album qui s’appellera « 1980 ». Les morceaux Marc Dorcel et La Noiraude devaient être dessus. L’album sortira un jour, les années 80 ce sont les plus belles années, le franc etc… (sourire). Nostalgique ? Non pas vraiment, j’aime bien être à la pointe aussi. C’est cool d’avoir son téléphone, son internet, d’être joignable dans le monde entier. Mais je kiffe la musique de ces années, j’écoute encore des trucs des années 80. Le cinéma aussi, tout à l’heure avant d’arriver, au téléphone je t’ai dit : « Fait chier je vais louper le documentaire sur Jean Rochefort ». J’aimais bien l’humour, l’atmosphère. L’album ne va pas parler à mon fils par exemple, ce n’est pas son époque mais je le fais d’abord pour moi. Il faut d’abord que ça me plaise à moi et ensuite que ça plaise aux gens. Je suis mon premier juge, c’est moi qui mets mes coups de couteaux. Si tu fais un truc juste pour toucher les gens c’est jamais bon, c’est aux gens d’adhérer à ton projet. D’ailleurs c’est pour ça que je ne fais pas de la trap. Je n’ai jamais fait de musique pour plaire. Les gens peuvent dire que ça sonne vieux mais là je n’ai pas encore eu de retour comme ça sur « ROC ».

Les mots de la fin

Je suis de retour, on va essayer d’enchaîner mais je n’ai plus vraiment de projet de carrière là dedans. Mon retour n’était pas prévu sur la feuille de route (sourire). C’est Odweeyne qui m’a remis là dedans, j’étais sorti de ces histoires !

C’était une bonne époque quand même le début de tout ça. Les fous rires, l’innocence, j’étais juste là dans la rue derrière vers La Chapelle, il y a 25 ans. Quand je repasse dans cette rue en-dessous, je repense tout le temps à l’époque. C’était vraiment l’époque H.I.P. H.O.P. dans toute sa splendeur, pas d’histoire d’argent, rien. Juste du plaisir. Si je tague aujourd’hui (sourire) ? Non, non. Ça nous est arrivés avec des anciens de poser un petit truc vite fait avec un marqueur mais je vais pas descendre dans la rue juste pour ça. Tu vieillis, tu peux plus courir… Mais je regarde un peu les tags quand même

Je ne parle pas souvent de tout ça mais je n’ai aucun regret.

 


« Roc » est disponible sur Bandcamp et sur les plateformes de streaming.

Merci à Reak pour sa collaboration sur cette interview.

Merci au grand Gabriel DLH pour sa contribution sur la relecture.

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