Koma & Mokless : « On a persévéré en développant une identité française »

Ils ont fondé la Scred Connexion, sont les représentants de l’école Paris 18 et ont traversé les âges du rap français. Rendez-vous dans une loge de concert fumante et bruyante avec la moitié d’un groupe exemplaire.

« Le Scred en live, c’est de la bombe est les vrais le savent », la scène est depuis longtemps votre crédo. Vous avez toujours voulu travailler cet aspect à fond.

Koma : Les vrais, les faux, tout le monde le sait maintenant. Depuis toujours la scène est notre priorité. On a commencé à l’époque déjà d’« Opération Freestyle » et même avant lors des tournées avec Befa

Le départ de Fabe vous a d’ailleurs mis des bâtons dans les roues pour tourner je crois ?

Koma : Ça nous a pas mis des bâtons dans les roues mais on a du recommencer pas mal de choses à zéro. Beaucoup de gens du réseau de Fabe ont arrêté de bosser avec nous parce qu’ils pensaient que sans lui, il n’y avait pas de Scred. Au final ils se sont trompés, on a su faire notre chemin. Et comme Mokless le dit, si tu me parles de Fabe en 2013, c’est que t’as pas suivi la Scred depuis plus de 10 ans. Il n’est pas dans l’album « Du Mal à se Confier », il n’ est pas sur « Ni Vu Ni Connu », on a fait plus de 2000 dates de concert sans lui. Donc si t’as pas suivi depuis 10 ans, qu’est-ce que ça peut te foutre ?

D’ailleurs, comment a évolué le public de la Scred depuis 10 ans ?

Koma : Il est plus large. Avant c’était un public d’initiés, t’avais les rappeurs sur scène et un public de rappeurs dans la salle. Aujourd’hui t’as des gens qui sont pas rappeurs, t’as des meufs… Avant t’avais pas autant de meufs. Ça s’est démocratisé on peut dire.

Mokless : Le public vieillit aussi avec nous. En tout cas ceux qui étaient là au début. Après t’as tous les jeunes qui se greffent parce qu’un grand frère les a mis dans la boucle. Il y a plusieurs manières d’arriver à la Scred. Il nous arrive de retrouver des gens dix ans après dans des villes. On a un public fidèle, qui nous suit.

Quel regard portez vous aujourd’hui sur votre dernier projet commun en date, l’album « Ni Vu Ni Connu », qui a subit pas mal de critiques, notamment sur ses feats ?

M : Comme tu dis, on nous a reprochés d’avoir invité trop de monde. Mais voilà, on est comme ça, on aime bien faire participer les gars, faire croquer comme on dit dans le jargon.

K : On est issus d’un hip-hop qui se faisait comme ça. On a commencé avec les compiles de Cut Killer, il invitait des MC’s de toute la France et ça donnait un bon résultat. Après c’est aux artistes de tirer leur épingle du jeu.

M : C’est vrai que nous dans la Scred, on a souvent invité des mecs du quartier, des mecs comme Barbès Clan, comme Willy l’Barge qui a monté son label aujourd’hui, Mehdi l’Affranchi… Il y a pleins de mecs comme ça autour de nous qu’on a invités sur nos albums même si ils n’étaient pas connus. C’est pour donner la chance aux gens.

K : A partir du moment où l’on avait un auditoire, où l’on avait un studio pour faire des enregistrements, qu’on connaissait des gens qu’on croise tous les jours et qui font la même choses que nous, on leur a dit qu’on avait une place pour eux sur le bateau.

Tu parlais de Mehdi l’Affranchi, vu sur plusieurs projets de la Scred. Qu’est-il devenu ?

K : Il est dans le sport aujourd’hui. Il a pris des ceintures en boxe Thai, il est parti en Thaïlande pour faire la coupe du Roi. Il continue d’écrire un peu, il fait ses petits trucs et on est toujours en contact avec lui.

« On a pris le côté littéraire français dont la force se puise dans le combat, la côté revendicatif, subversif »

Koma, dans le morceau Partis de Rien , tu dis que « La Scred Connexion, c’est des valises plutôt légères, de paroles vénères vu que le rap donne envie de begère ». Ces paroles résument un peu la raison d’être de la Scred, la volonté de se mettre en marge d’un autre type de rap ?

K : Déjà aujourd’hui la Scred, c’est des valises lourdes du fait de l’expérience. Donc la phrase a changé. Mais en effet c’était une époque ou il y avait un rap fabriqué par les maisons de disque. T’as pas connu des artistes comme Squeegee, comme Roman Photo, Meloman. À côté, il y avait nous qui arrivions de la vraie culture hip-hop : graffiti, djiing et qui essayions de créer un mouvement. Moi j’avais fait un morceau qui s’appelait Réalité Rap

M (qui coupe) : J’allais parler de ce morceau. Quand ce morceau a été fait, je ne crois pas que j’étais encore dans la Scred, c’était en 1996.

K : On a toujours dénoncé l’exploitation marketing faîte par des maisons de disque qui ne venaient pas de cette culture et les gens de notre culture qui ont joué le jeu de ces gens-là. C’était ça « le rap donne envie de bégère», c’est aussi les gens qui ont joué le jeu, qui se sont laissés manipuler leur image dans les clips, ont été sur des plateaux où ils n’avaient pas leur place. On était une culture contestataire, on ne devait pas se mêler aux gens qu’on dénonçait. Donc c’est en ça qu’il y a deux rap qui commençaient à prendre deux chemins différents. Le rap suit de près ou de loin ce qu’il se passe aux Etats-Unis. Nous, en 95-96 ou 97, on suivait de près ce qu’il se passait aux Etats-Unis et on recopiait un peu, notamment les samples à la DJ Premier ou autres. Aujourd’hui des gens continuent à le faire : Kaaris, Booba, La Fouine. Ils collent le train aux Etats-Unis. C’est intéressant d’avoir des artistes compétitifs. Ça nous permet de ne pas être largués à l’échelle mondiale. Et il y a des gens comme nous qui essaient de créer une identité française et de la faire évoluer. Cette identité française est faîte justement de l’engagement. On a pris le côté littéraire français dont la force se puise dans le combat, la côté revendicatif, subversif qu’on pouvait retrouver dans le rock aussi. Au départ le rap américain faisait comme ça, par l’afrocentrisme notamment avec des groupes comme Public Enemy. Et à un moment le rap américain est arrivé à la limite du rap sérieux, du rap premier degré. La donne a changé à la mort de 2pac et de Notorious BIG. Les américains ont arrêté de prendre le rap au premier degré en considérant qu’ils étaient arrivés aux limites du truc. Ce rap est mort à ce moment-là. De là ils sont partis sur un nouveau truc en disant aux gens que c’était de l’entertainment, du game. Nous, quelque part, à ce moment là, on a persévéré en développant cette identité française alors que d’autres ont suivi l’évolution américaine.

 

L’identité française que tu décris est très présente dans le 18ème arrondissement de Paris.

K : Oui, elle a toujours été présente, notamment avec des groupes comme Assassin et La Cliqua. Mais on est tous différents. Assassin et La Rumeur par exemple, sont très ancrés dans le 18ème aussi et sont des groupes très politiques alors que la Scred est un groupe social. On peut parler politique comme on peut parler de notre vision du mouvement hip hop ou d’autres choses de la vie. On a mélangé pleins d’aspects.

« Les premiers groupes comme NTM, Assassin, Solaar, Iam ont ouvert les portes et les ont claquées derrière eux »

À propos d’Assassin, tu disais récemment dans une interview pour Down With This qu’à l’époque, Rockin Squat ne regardait pas trop le groupes qui arrivaient après lui dans le 18ème. On sait qu’il vient de t’inviter sur « L’undaground s’exprime chapitre 7 », est-ce qu’il l’a fait en réponse à cette interview ?

K : Non. Il ne m’a même pas parlé de ça. Je ne sais même pas s’il l’a lue. Rockin Squat, ça fait longtemps qu’il invite du monde, à l’époque il avait déjà invité Ekoué, etc… Mais ce que je disais dans cette interview, c’est que les premiers groupes de rap, que ça soit NTM, Assassin, Solaar, Iam avaient ouvert les portes et les avaient claquées derrière eux. D’où l’apparition du rap indépendant comme Scred Production, Arsenal Production et tous les labels indé de 94,95. On a cru pendant des années qu’on devait passer par les maisons de disque pour faire un disque comme avaient fait ces groupes-là, on ne savait pas qu’on pouvait faire de l’indé. On a pris exemple sur des cainri, sur les labels rock français des années 80 comme Boucherie Prod. On a compris qu’on pouvait s’auto-produire ! On a créé une nouvelle dynamique, un nouvel élan, alors que c’était à eux de le faire. C’était à ces gens-là de produire des gens comme nous. Ils étaient naturellement mieux placés pour le faire que nous, qui arrivions, qui ne connaissions pas et qui avons dû l’inventer. Assassin était un groupe mythique du 18ème. À partir de là, dès que ça a un peu marché pour eux, ils auraient dû monter Assassin Production pour produire des jeunes et sortir des trucs. NTM ne l’a pas fait non plus… Enfin il l’ont fait mais beaucoup plus tard avec 4 My People et BOSS. Ces groupes ont attendu que nous nous créions des labels et que ça prenne un peu pour monter leurs labels par la suite, alors que c’était à eux de nous montrer.

Koma : « J’ai déjà enregistré 6 ou 7 titres. Je vais sortir un album avec des prods que j’aime »

Toi Koma à cette époque, tu avais sorti un maxi et un album. Plus rien en solo depuis, pourquoi ?

K : 99/2000, j’ai sorti mon album, ok. Après l’album de la Scred a directement suivi. Ensuite on arrive aux années 2004-2005, je recevais des prod dirty/ crunk et franchement ça ne me parlait pas. On ne recevait plus de samples, rien. J’essayais de faire des maquettes, mais ça ne collait pas du tout. Je ne veux pas sortir des disques pour faire de l’argent avec un album par an. Je pourrais mais je n’ai pas envie. Puis est venue la période 2007-2008 où l’on a travaillé sur Ni Vu Ni Connu. 2009-2010, j’ai commencé à recevoir à nouveau des prods que j’aimais. De là, j’ai enregistré 6 ou 7 titres. Je vais sortir un album avec des prods que j’aime, des choses que j’ai envie de dire et que je ne regretterai pas. J’écris toujours comme si c’était le dernier son pour ne pas avoir de regret.

Sur ton album « Le Réveil », le morceau Et si chacun évoque les discriminations et le racisme de l’époque. Tu dis notamment : « Si chacun fournit l’effort, ça ira mieux demain, ça ira mieux dehors ». Quel état des lieux aujourd’hui ?

K : Le racisme déjà, ce n’est qu’un mot pour moi… Quand je vois « lutte anti-racisme », ça ne veut rien dire pour moi. Ce n’est pas un concept contre lequel tu peux lutter parce que tout le monde l’est. Est-ce que ça va mieux aujourd’hui ? Il y a du bon et du mauvais. Le traitement de l’Islam, de la population musulmane sur les dix dernière années a été très mauvais. Après on va dire que des portes se sont ouvertes. On verra qu’il y a un tout petit peu plus de reubeu et de renoi au cinéma. D’un côté des vannes s’ouvrent et d’un autre il y a le rabâchage d’une actualité qui nous stigmatise. Dans la vie de tous les jours, ça reste aussi dur de trouver un appartement pour beaucoup de gens. Il y a une part de racisme mais il n’y a pas que ça.

À ce propos, on parle beaucoup du film La Marche en ce moment.

K : Je n’ai pas vraiment suivi mais sans n’avoir rien vu ni écouté, je ne sais pas pourquoi mais un truc me gêne. À partir du moment où ils sont en train d’en faire une nouvelle vitrine, en faisant croire que ça a évolué, en légitimant ça avec Jamel, ils sont en train d’oublier que les années Mitterrand, SOS Racisme, l’espérance, les désillusions, le chômage à cette époque, nous ont causé du tort. Maintenant je ne peux pas te parler d’un film que je ne connais pas. Mais ce que je sais c’est que la marche des beurres a été récupérée par le PS pour créer SOS Racisme. Pour moi il est là le débat. Des Julien Dray, des Malek Boutih ont fait leur beurre là-dessus, ces gens-là nous ont baladés pendant des années. Les Attali, les Mitterrand ont créé ça pour torpiller un vrai mouvement qui était parti de Lyon. Et là j’ai l’impression que c’est la même sauce qu’ils veulent faire repartir avec ce film. Cette lutte contre le racisme ne m’intéresse pas, c’est du vent.


Mokless : « Pour moi la Scred a toujours été la priorité »


Mokless, tu as sorti ton premier album solo « Le Poids des Mots » en 2011. Pourquoi avoir attendu tout ce temps ?

M : Parce que la Scred a toujours été la priorité pour moi. Je suis un artiste qui aime bien s’entourer, faire des trucs avec les gens. J’aime bien partager mon rap. J’ai fait un solo parce qu’à des moments, je me suis retrouvé tout seul à écrire donc j’ai dû développer des morceaux tout seul. Sinon je n’aurais peut-être pas sorti de solo. Même si on a toujours dit que la Scred était une collaboration avec des entités solo pour moi ce n’était pas une priorité de sortir un solo.

Le premier clip de l’album, On s’habitue à tout faisait intervenir Olivier Besancenot. Est-ce que c’était un engagement politique de ta part ?

M : Non, pas du tout. C’était un mec qui intervenait souvent à la télévision et dès qu’il prenait la parole sur des points bien précis, j’étais d’accord avec lui. Sur ce morceau là, ça sonnait comme téléphoné pour moi de ramener ce mec-là. J’ai pensé à lui, je l’ai sollicité et il est gentiment passé. Ça s’est fait à la cool. Et franchement avec le temps, je me dis que dans tous les politiciens, c’est le moins pire. J’ai peut être fait le bon choix. Ni PS ni UMP ne m’intéresse. D’ailleurs j’ai voté Besancenot au premier tour en 2012.

K : Ce n’est pas vraiment un homme politique. C’est un mec de tous les jours qui travaille à La Poste qui fait de la politique. Ce n’est pas le politicien qui a fait l’ENA. La manière citoyenne de faire de la politique peut être intéressante.

M : C’est peut-être le politique qui est le plus proche du peuple, qui ressemble le plus au peuple.

K : Après tu n’es pas obligé d’être d’accord avec tout. Par exemple quand je le vois à la télé avec des Nike aux pieds, je rigole.

M : C’est vrai que pour un anticapitaliste…

K : Nous la Scred, on est chez aucun parti, aucune association, aucun mouvement. On pense par nous-même.

Sur l’album, on retrouvait le morceau Reviens Parmi Nous dans lequel tu parles de la perdition d’un ami proche. On sait que Morad a sorti un album récemment, « Le Survivant » dans lequel il parle des périodes troubles de sa vie. Le morceau lui était-il adressé ?

M : Oui, il aurait pu s’adresser à Morad ou à beaucoup de potes autour de moi. Après dans cette chanson, je ne parle pas de Morad parce que sinon je te l’aurais dit. Je raconte des trucs que j’ai vus autour de moi. J’ai tout concentré sur un seul personnage mais j’ai vu ça sur pleins de potes. J’en ai vus pleins partir en couille, chacun à leur sauce et j’en ai fait une grosse sauce. Je sais que ça a touché beaucoup de gens parce que ce personnage là, tout le monde l’a côtoyé, on a tous un pote comme ça.

K : C’est là où c’est fort l’écriture. C’est un scénario.

M : Mais les images que j’emploie, c’est forcément du vécu. Dans ce genre de morceau tu dois être sincère, tu ne peux pas bluffer les gens.

Récemment Mokless, tu as rejoint le projet Jamais 203.

M : Ce n’est pas un projet. On a créé ce collectif, cet album en se réunissant avec Guizmo et Despo Rutti. J’ai fait d’abord mon album solo avec Y & W. De là, je passais régulièrement au stud et il y avait Guizmo et Despo. J’avais des couplets dans mon téléphone, eux aussi. Et le rap c’est ça, c’est des échanges, du partage. Tu fais un titre, t’en fais deux et au bout d’un moment tu te demandes pourquoi ne pas faire un projet à trois. Tu le fais et tu sais que ça va prendre de court tout le monde. Et en effet, ça a choqué tout le monde (rire). Les trois publics, celui de Despo, celui de Guizmo et le mien ont été déstabilisés.

Qu’as tu pensé de ce projet Koma ?

K : Chacun est libre dans la Scred. Si tu veux faire des projets avec des gens, ce n’est pas interdit. Je trouve ça intéressant d’avoir la nouvelle génération de Guizmo, d’avoir Despo… C’est bien de mélanger des univers, c’est bien que les gens se demandent ce qu’ils foutent ensemble. Ça éveille une curiosité. C’est ça qui est bien : montrer aux gens du rap qu’il faut casser les cases. Ce n’est pas parce qu’on nous place dans le rap conscient qu’on ne peut pas rapper avec d’autre gens. Ça s’appelle fédérer. Le rap, c’est une palette qui est large, avec du sombre, du clair… Tu prends un mec comme Despo Rutti avec des rimes décalées, des punchlines, tu prends un mec comme Guizmo de la nouvelle génération mais qui reste dans une tradition du rap comme avant, tu prends Mokless qui est garant du rap à l’ancienne et tu mélanges. Ça peut faire penser au projet qu’Ol Kainry & Dany Dan avaient réalisé ensemble, c’est intéressant ce genre de combinaison.

M : En tout cas pour moi, ça a été une belle expérience.

C’est le côté compétitif qui te manquait ?

M : Quand tu vois Guizmo, il écoute une instru, il écrit un texte, il le pose direct. Il fait un deuxième morceau dans la journée. Donc tu te dis que les petits ont faim. Tu prends un rythme toi aussi. Tu prends tu poil de la bête, tu te revois quand tu avais 20 ans. Oui c’est une énergie qui fait du bien, ce n’est pas négatif, c’est comme ça que je le vois.

Est-ce que ce projet t’a fait évoluer dans la manière d’écrire ?

M : Alors pas du tout. J’avais des textes ou des thèmes qui dataient. Un thème comme Le Masque, est un thème que l’on aurait du faire avec la Scred pour « Du Mal à se Confier » en 2002. J’en ai d’autres. Peut-être que je les ferai avec la Scred ou ailleurs. En tout cas, par rapport aux différents projets, on est dans une perpétuelle recherche de nouveautés. Maintenant ce qu’on a fait, c’est bien, mais l’important c’est ce qu’on va faire. C’est comme ça que je me motive.

K : Aujourd’hui il n’y a plus de DJ qui présente sa compile avec plein de mecs qui viennent de partout. Ce genre de projet constitue une manière de revenir à ça.

Le dernier morceau en date réunissant l’ensemble de la Scred est un featuring avec le S-Crew pour un remix de leur morceau Déçus par la Vie.

M : S-Crew, je les ai connus en même temps que Guizmo chez Y & W en fait. À l’époque ils faisaient nos premières parties. Rien n’empêche que je fasse ce morceau, mais c’est vrai que par rapport aux tensions entre Guizmo et le S-Crew, avec la Scred on avait mis ce titre en suspens. Après il faut voir ça avec leur maison de disque Universal, qui l’a sorti sur le net, c’est un autre problème.

En fin d’année 2012, tu as sorti le morceau Petit Papa Noël qui annonçait l’album « L’Ironie du Son ». Est-ce que projet a été mis en suspens ?

M : Oui, j’avais balancé cette chanson pour les fêtes en 2012. J’ai mis cet album un peu en suspens parce que j’ai fait « Jamais 203 » et c’est bien pour moi. La musique, je la fais comme je la sens, sans obligation, personne ne me dit quoi faire. Je fais ce que j’aime. Petit Papa Noël est un morceau ironique à l’image de ce que sera l’album qui arrivera prochainement. Ça sera mon deuxième album solo. Il représentera peut-être le plus gros projet de ma vie, l’aboutissement de ma carrière, je l’ai bossé comme un chien.

Peut-on s’attendre à un album de la Scred prochainement ?

M : Là on est en train de préparer un album Scred Connexion. Je vous le dis mais ne le dîtes à personne.

Propos recueillis par Antoine Fasné et Gabriel de la Héronnière
Plus d'articles